Jeûne intermittent - Qu'en attendre ?
- Véronique Gillas
- 27 sept. 2024
- 4 min de lecture

EFFETS SUR L’ÉCOSYSTÈME INTESTINAL
Le jeûne intermittent évite que votre système digestif soit constamment sollicité par l’apport de nourriture. La pause ainsi induite permet notamment l’activation du CMM (complexe moteur migrant) qui se déclenche dans les périodes inter-digestives (donc après la fin de la digestion du dernier repas). Il a pour fonction de nettoyer l’intestin grêle et de purger vers le côlon les résidus qui y stagnent. La conséquence majeure sera une moindre prolifération des bactéries dans l’intestin grêle (rappelons que leur lieu de prédilection doit être le côlon).
Concomitamment on observe une réduction des phénomènes de SIBO, et de toutes leurs déclinaisons souvent qualifiées d’intestin irritable, ainsi qu’une muqueuse de meilleure qualité, plus apte à absorber les nutriments et micronutriments, sans passage anarchique d’éléments indésirables, celle-ci étant moins agressée.
EFFETS SUR LA FONCTION IMMUNO-INFLAMMATOIRE
La diminution des agressions au niveau de la muqueuse intestinale va bien évidemment diminuer l’inflammation globale du corps, le système immunitaire étant moins sollicité pour contrer ceux qu’il considère comme des intrus.
L’équilibre entre les différents types de lymphocytes étant étroitement lié à l’équilibre du microbiote, l’immunité va être plus « régulée ». Les manifestations auto-immunes, les allergies, l’asthme, l’eczéma, l’inflammation chronique et les maladies inflammatoires qui en découlent, les pathologies infectieuses… qui résultent du déséquilibre du système immunitaire vont donc progressivement s’estomper, l’immunité devenant meilleure à mesure que le microbiote va se rééquilibrer.
EFFETS SUR LE MÉTABOLISME ÉNERGÉTIQUE
Le corps développant avec le jeûne intermittent sa capacité à produire de l’énergie à partir des acides gras et des corps cétoniques et non plus principalement à partir du glucose, la flexibilité métabolique est meilleure. Concrètement, ceci se traduit par une meilleure énergie, plus stable, et une meilleure endurance.
Les besoins en glucose diminuent, le corps sachant brûler d’autres apports, et donc les fringales de sucre sont moins fréquentes. Moins de glucose, c’est moins de glycation (qui se produit lorsqu’il y a excès de sucre) et c’est moins d’insuline, avec pour conséquence une meilleure reconstruction des cellules et notamment des conditions plus propices à la biogenèse mitochondriale. Résultat : des mitochondries plus nombreuses, plus performantes qui permettent un meilleur métabolisme énergétique.
EFFETS SUR LA FONCTION HÉPATIQUE
Moins de passages anarchiques au niveau de la muqueuse intestinale, c’est un besoin de détoxination et de détoxication moindre. Et donc une fonction hépatique moins sollicitée par ces toxiques et toxines, ce qui lui permet de maintenir plus aisément une détox performante.
EFFETS NEUROPSYCHIQUES
Lorsque l’on parle d’inflammation, on pense souvent au corps en oubliant le cerveau. Pourtant, celui-ci n’est pas exempt des conséquences d’une inflammation systémique. En baissant l’inflammation, le jeûne produit des effets sur la santé du cerveau.
Mais surtout, la production de corps cétoniques pendant le jeûne stimule l’expression du gène du facteur neurotrophique avec pour conséquence une diminution des troubles psychiatriques et neurodégénératifs.
EFFETS SUR LE POIDS
Ne nous voilons pas la face, la majeure partie des personnes qui adoptent ce rythme alimentaire le fait pour perdre du poids. Compte tenu de l’amélioration des marqueurs métaboliques et de la diminution de l’inflammation, deux facteurs de surpoids, l’objectif sera donc probablement atteint, à plus ou moins longue échéance.
Néanmoins, n’oublions pas que comme mentionné précédemment, il est question de réduire la fenêtre alimentaire, mais pas la quantité des apports surtout dans un premier temps. Sinon, on retombe dans la problématique des régimes qui ne sont pas tenables à long terme.
On observe néanmoins que lorsque le corps s’habitue au jeûne, l’addiction au sucre diminue (si les apports sont bien gérés c’est-à-dire sans excès et au bon moment), la faim diminue et finalement les apports également.
EFFETS SUR LE VIEILLISSEMENT
Les facteurs majeurs de vieillissement sont l’oxydation, l’inflammation et la glycation. Nous avons vu ce qu’il en est de l’inflammation et de la glycation.
L’oxydation qui résulte de la production de radicaux libres se produit majoritairement lors de la transformation des apports en énergie dans les mitochondries. Mais celles-ci étant plus nombreuses, plus performantes, et les apports moindres, la production de radicaux libres va diminuer.
La détox est aussi une source d’oxydation surtout si le foie est fortement sollicité par des toxiques et un microbiote dysbiotique. Le jeûne intermittent en favorisant le CMM va être particulièrement utile pour lutter contre la dysbiose diminuant cette sollicitation.
Enfin la réduction des réactions immunitaires va aussi limiter la production de radicaux libres.
Il y a aura donc une meilleure résistance au stress oxydatif et métabolique permettant une meilleure réparation des molécules endommagées.
En conclusion, le jeûne intermittent par le stress cellulaire qu’il induit permet de ralentir les processus de vieillissement et de maladie. On observe que les cellules lui répondent en s'engageant dans des processus adaptatifs coordonnés qui conduisent à une augmentation de l'expression des défenses antioxydantes, à la réparation de l'ADN, à la biogenèse et à l'autophagie mitochondriales, et à la régulation à la baisse de l'inflammation.
C’est avec plaisir que je vous partage ces informations. Merci de mentionner la source si vous partagez à votre tour tout ou partie de mes articles.


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